Monter en trail : quand courir et quand marcher
Dans une montée, marcher peut être la décision la plus sportive de la journée. Cela permet parfois d’avancer presque aussi vite, de mieux contrôler l’effort et de garder de la disponibilité pour la suite. Le nom « Chamois » sur le maillot ne crée aucune obligation de bondir jusqu’au sommet.
L’objectif consiste à choisir une façon d’avancer adaptée à la pente, à ton niveau et à la durée de la sortie. Courir et marcher sont deux outils complémentaires, que l’on peut apprendre à utiliser sans attendre d’être épuisé.
Il n’existe pas de pente magique
Des expériences sur tapis fortement incliné montrent que marcher peut coûter moins d’énergie que courir à certaines vitesses ; la relation change avec la vitesse et l’inclinaison.1 Elles ne donnent pas un pourcentage universel auquel tout le monde devrait basculer en marche sur les sentiers.
Sur le terrain, ajoute la qualité du sol, la longueur de la montée, la chaleur et la fatigue. Une pente courue au début d’un trail court sera peut-être mieux négociée à pied après plusieurs heures.
Utilise une comparaison simple : si ton petit trot fait beaucoup monter la respiration sans créer un gain de vitesse utile, essaie la marche active. Si tu retrouves un effort plus stable tout en avançant bien, tu as trouvé une option intéressante.
Une marche active reste une vraie progression
Adopte des pas dont la longueur te permet de rester équilibré. Oriente le buste avec la pente sans te plier en deux, garde les épaules disponibles et évite de te crisper sur chaque marche. Sur un passage régulier et sans obstacle, les mains peuvent ponctuellement prendre appui sur les cuisses ; ce geste doit rester confortable et ne pas empêcher de voir le terrain.
Ne cherche pas à allonger chaque pas au maximum. Une grande enjambée qui oblige à tirer fortement sur la jambe d’appui peut devenir difficile à répéter. Teste plusieurs rythmes en restant souple.
Avec les bâtons, la coordination s’apprend. Ils peuvent modifier la perception de l’effort en montée, mais leur intérêt dépend du terrain et de la technique.2 Les porter ne dispense donc pas d’apprendre à marcher efficacement sans eux.
Courir en montée sans partir en surrégime
Sur une côte douce et régulière, raccourcis naturellement les pas, conserve un mouvement de bras confortable et laisse l’allure baisser. Il est inutile de défendre ton allure de plat contre la gravité.
Pour une sortie facile, tu dois pouvoir conserver une respiration compatible avec la conversation. Si la discussion devient une collection de syllabes, ralentis ou marche. Lors d’une séance intense prévue comme telle, la respiration sera plus forte, mais l’intensité reste choisie ; elle ne doit pas être imposée par les premiers mètres de chaque bosse.
Au sommet, ne relance pas automatiquement comme si une cloche venait de sonner. Accorde-toi quelques pas pour retrouver un souffle et des appuis disponibles, surtout si une descente demande de l’attention.
Un exercice pour trouver ton compromis
Sur une pente modérée, stable, non exposée et déjà connue, tu peux essayer ceci après un échauffement facile :
- Monte tranquillement pendant environ deux minutes en courant, sans chercher un record.
- Redescends calmement et récupère complètement.
- Reprends le même tronçon en marchant activement, avec un effort que tu juges comparable.
- Compare le temps, la respiration et les sensations dans les jambes.
Deux essais suffisent pour une première observation. Ce n’est pas un test physiologique : le vent, la fatigue et ton jugement peuvent modifier le résultat. Son intérêt est de t’apprendre à reconnaître tes options.
Si tu débutes, fais seulement l’essai en marche, puis quelques passages courus très courts quand le terrain s’y prête. Si tu es expérimenté, répète cette observation sur différentes pentes au fil des semaines, pas toutes dans la même sortie.
En groupe, annonce le fonctionnement
Une montée autour de Saint-Jorioz peut vite créer des écarts entre des coureurs pourtant à l’aise ensemble sur le plat. Avant de partir, définissez un lieu de regroupement sûr. Les plus rapides peuvent y attendre ; la personne qui arrive en dernier doit aussi disposer d’un vrai temps de récupération.
Évite de rester collé aux talons de quelqu’un ou de dépasser sans prévenir dans un passage étroit. La bonne stratégie individuelle ne doit pas devenir une gêne pour les autres usagers.
Le bon indicateur se trouve après la montée
Une montée bien gérée te laisse capable de poursuivre la sortie comme prévu : repartir sur le plat, manger si nécessaire, réfléchir à l’itinéraire et descendre avec attention. Si chaque sommet impose une longue pause de survie, revois le départ de la côte ou le choix du parcours.
Essaie de terminer ta prochaine sortie en ayant choisi volontairement tes moments de marche. Tu gagneras une compétence très utile en montagne : avancer avec une intention, plutôt que subir la pente jusqu’à ce qu’elle décide pour toi.
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