VMA : la mesurer, comprendre ses limites et utiliser ses résultats
La VMA tient en un nombre, ce qui lui donne parfois des airs de note sur vingt. Ce n’est pourtant ni un classement des Chamois, ni un résumé complet de tes possibilités. Bien utilisée, elle aide à préparer certaines séances. Mal utilisée, elle transforme chaque footing en contrôle technique.
Ce que représente la VMA
La vitesse maximale aérobie correspond classiquement à la plus faible vitesse de course associée à l’atteinte de la consommation maximale d’oxygène, dans les conditions d’un test donné. On l’exprime en kilomètres par heure.
Sur le terrain, on l’estime à l’aide de protocoles. Le résultat dépend notamment du test, de sa progression et de la façon de définir la vitesse finale. Des comparaisons expérimentales montrent que ces méthodes ne donnent pas nécessairement la même valeur.1 Une VMA annoncée sans préciser le protocole est donc une information incomplète.
La performance en course dépend aussi d’autres capacités et du contexte. Deux personnes avec une VMA proche ne prépareront pas forcément la même allure sur dix kilomètres, encore moins sur un trail de plusieurs heures.
Comment obtenir une valeur exploitable
Un test progressif encadré, réalisé sur une surface adaptée avec un protocole clairement identifié, fournit un point de départ. Un laboratoire peut également mesurer les échanges respiratoires pendant l’effort. L’intérêt dépend de ton projet ; ces évaluations ne sont pas obligatoires pour commencer à courir.
Les tests de durée ou de distance fixe permettent des estimations pratiques, mais ils ne mesurent pas tous exactement la même chose. Une étude de validation de tests de terrain rappelle l’importance du protocole et de la population dans laquelle il a été étudié.2
Évite de programmer seul un effort maximal si tu reprends après un arrêt, présentes des symptômes ou as une situation médicale nécessitant une adaptation. Demande à l’encadrement quel test est pertinent et comment te préparer. Un test réalisé malade ou très fatigué donne surtout des informations sur cette mauvaise journée.
Garder une fiche, pas seulement un chiffre
Note la date, le protocole, le terrain, les conditions et la valeur retenue. Conserve aussi ton ressenti : départ trop rapide, difficulté à suivre les paliers, vent marqué ou fatigue inhabituelle.
Lorsque tu refais un test, utilise si possible la même méthode dans des conditions comparables. Une petite différence entre deux tests différents ne prouve pas une progression ou une régression.
Après une interruption importante, une ancienne valeur doit être réévaluée avant de servir de base à des séances rapides. Et si les séances prescrites deviennent régulièrement trop difficiles, n’attends pas le prochain test pour ajuster avec l’entraîneur.
Exemple concret avec 18,5 km/h
Les valeurs ci-dessous sont des conversions, pas une prescription de zones physiologiques.
| Pourcentage de VMA | Vitesse | Allure arrondie |
|---|---|---|
| 65 % | 12,03 km/h | 4 min 59 s/km |
| 75 % | 13,88 km/h | 4 min 19 s/km |
| 90 % | 16,65 km/h | 3 min 36 s/km |
| 95 % | 17,58 km/h | 3 min 25 s/km |
| 100 % | 18,50 km/h | 3 min 15 s/km |
| 105 % | 19,43 km/h | 3 min 05 s/km |
Pour calculer une vitesse, multiplie la VMA par le pourcentage divisé par cent. Pour trouver le temps d’une distance, travaille avec la vitesse exacte avant d’arrondir l’affichage.
À 95 %, un 400 mètres représente environ 1 min 22 s. Une série illustrative de dix répétitions comporte quatre kilomètres rapides. Avec une minute entre les répétitions, on compte neuf récupérations : environ 13 min 39 s de course rapide et 22 min 39 s pour le bloc. L’échauffement et le retour au calme s’ajoutent. Ce calcul n’indique pas que dix répétitions conviennent à tout coureur ayant cette VMA.
Ce que la VMA ne te dit pas
Elle ne fixe pas automatiquement tes seuils, ta fréquence cardiaque, ton temps sur marathon ou ton allure de trail. Un pourcentage identique d’une valeur maximale peut correspondre à des intensités relatives différentes selon les individus.3
Elle ne corrige pas non plus la pente. Une vitesse calculée sur le plat ne se transpose pas telle quelle à une montée au-dessus du lac. En montagne, la consigne d’effort, la technicité et les conditions prennent davantage de place.
Enfin, « plus de 100 % de VMA » ne signifie pas « impossible » : il est possible de courir plus vite sur une courte durée. Cela ne rend pas cette vitesse soutenable indéfiniment, ni adaptée à chaque séance.
S’en servir aux Chamois
Le calculateur d’allures permet de préparer tes passages et tes distances de répétition. Utilise-le après avoir compris la séance : objectif, nombre de répétitions, intensité et récupération.
Sur le terrain, accepte de ralentir si l’effort s’emballe ou si les conditions changent. Une estimation bien utilisée laisse une place au jugement. Le bon chiffre est celui qui aide à construire une séance cohérente, pas celui qui oblige à s’accrocher à un groupe jusqu’à l’épuisement.
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Sources et repères
Notes
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Thron et al. — Overestimation of maximal aerobic speed by the Université de Montréal track test and a 1500-m-time trial in soccer, 2022 — comparaison de méthodes chez des footballeurs ; portée limitée à ce contexte expérimental. ↩
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Bennett et al. — Validation of field-based running tests to determine maximal aerobic speed in professional rugby league, 2024 — validation chez des joueurs de rugby à XIII professionnels ; prudence dans la transposition. ↩
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Benítez-Muñoz et al. — Differences in the ventilatory thresholds according to training status, 2025 — étude transversale sur la variabilité des seuils ; elle ne valide pas des pourcentages universels de VMA. ↩