Les Chamois du Lac

Club de trail running de la rive ouest du Lac d’Annecy

Courir sur neige et verglas : chaînes, terrain, prudence

Niveau : Tous niveaux

En hiver, le chemin du bord du lac peut être sec à midi et vitrifié à 8 h, et le sentier au-dessus du village passer de la boue au verglas en trois virages. La neige et la glace n’interdisent pas de courir, mais elles changent l’équipement, la foulée et surtout les décisions. Petit rappel d’humilité : la glace ne tient aucun compte de tes années de trail.

Les accessoires d’adhérence

AccessoireTerrain adaptéLimites
Chaînes ou microspikesNeige tassée, plaques de glace, sentier geléInconfortables sur bitume sec et rocher ; peuvent tourner ou se déchausser
Pointes vissées ou crampons intégrés à la semelleRoute et chemin gelés, neige dure peu épaisseMordent moins dans la neige épaisse
Crampons de montagnePentes de neige dure et glaceMatériel d’alpinisme : technique et chaussures compatibles, terrain hors du trail

Les microspikes associent une semelle élastique, des chaînettes et de courtes pointes métalliques. Pour ses courses sur neige, la Fédération internationale de skyrunning impose des micro-crampons d’au moins dix pointes métalliques, réparties de l’avant au talon, et y interdit les crampons de montagne.1 C’est un repère utile pour juger un modèle, pas une norme d’entraînement.

Dans un essai randomisé auprès de 109 marcheurs de plus de 65 ans ayant déjà chuté, un dispositif antidérapant a réduit de plus de moitié le risque de chute en extérieur les jours de neige et de glace ; 12 des 19 chutes du groupe équipé sont survenues quand le dispositif n’était pas porté.2 Rien ne garantit que ce résultat vaille pour des coureurs, mais la leçon pratique est claire : mets-les avant la zone glacée, pas après la première glissade. Teste-les d’abord sur un terrain facile et garde-les à portée de main.

Les chaussures

Sur neige, une semelle à crampons marqués accroche mieux qu’une semelle de route. Une membrane imperméable garde le pied au sec dans la neige fraîche, mais sèche lentement une fois mouillée de l’intérieur. Des guêtres basses limitent l’entrée de neige.

Lire le terrain

Souvent, le piège n’est pas la grande pente blanche, mais la plaque qu’on ne voit pas. Quelques endroits méritent un regard particulier :

  • les versants nord et les sous-bois : à l’ombre, la glace peut tenir toute la journée, alors que le versant d’en face est sec ;
  • le matin : la neige ramollie la veille a regelé pendant la nuit, et le même passage n’offre pas la même adhérence à 8 h et à 14 h ;
  • les ponts et les passerelles : refroidis par-dessus et par-dessous, ils gèlent souvent avant le sol ;
  • les dalles rocheuses et les racines : un mince film d’eau gelée y forme un verglas presque invisible ; une surface sombre et brillante doit éveiller ta méfiance ;
  • sur route : bandes blanches, plaques d’égout, trottoirs non dégagés et zones d’ombre sous les arbres.

La neige fraîche cache aussi les pierres, les trous et la glace en dessous.

Courir sur neige damée ou fraîche

Sur neige tassée ou damée, raccourcis la foulée, augmente un peu la cadence et pose le pied sous toi, à plat, sans pousser fort. Accepte une allure plus lente : sur ce terrain, suis l’effort et la respiration, pas le chrono.

En neige fraîche, chaque pas s’enfonce et l’effort grimpe vite pour une vitesse modeste. Raccourcis la sortie et, à plusieurs, relayez-vous à l’avant pour faire la trace. Une neige humide ou croûtée, qui cède par endroits, sollicite beaucoup les chevilles : ralentis encore.

Descendre

C’est souvent en descente que l’on chute. Garde les pieds sous le bassin plutôt que de te pencher en arrière, ce qui fait glisser les talons. Fais des pas courts, regarde loin et écarte légèrement les bras pour l’équilibre. Les bâtons offrent des appuis supplémentaires, et des gants protègent les mains en cas de chute.

Sur une plaque de glace, marche. Devant une pente de neige dure ou glacée, ne t’engage pas sans compétences ni matériel adaptés : fais demi-tour.

Le froid et la tombée de la nuit

En plein hiver, la nuit tombe en fin d’après-midi, et bien plus tôt au fond d’un vallon à l’ombre. Sur neige, une boucle habituelle prend nettement plus de temps : emporte une frontale dès que le retour risque d’être tardif, et une couche chaude au sec.

Surveille les extrémités. Une peau pâle et froide, un engourdissement et des picotements sans douleur sont les premiers signes de gelure : protège-toi mieux sans attendre. Ne frotte pas une zone gelée, réchauffe-la progressivement et consulte en urgence en cas de cloques, de coloration bleue ou d’aggravation.3

En montagne enneigée, le trail s’arrête

Sous la neige, un sentier d’été qui traverse ou longe des pentes raides devient un terrain avalancheux. Les passages raides de la Tournette, par exemple, n’ont plus rien d’un terrain de trail une fois enneigés. Ce terrain relève du ski de randonnée, de la raquette ou de l’alpinisme, avec une formation et un matériel de recherche de victimes que le trail n’apporte pas.

Avant toute sortie en montagne enneigée, consulte le bulletin d’estimation du risque d’avalanche (BERA) de Météo-France. Publié chaque jour de début novembre à mi-juin, vers 16 h, il prévoit le risque par massif jusqu’au lendemain soir et précise les altitudes et orientations des pentes les plus dangereuses. Météo-France rappelle qu’il ne constitue « ni un feu vert ni un feu rouge » : lis-le en entier, sans t’arrêter au seul indice de 1 à 5. En vigilance avalanche orange, la consigne est : « Je ne sors pas en montagne ».4

Pour courir l’hiver, reste sur des itinéraires adaptés : chemins bas, routes dégagées, sous-bois sans pente raide au-dessus ni en dessous, itinéraires piétons damés et balisés quand une station en propose. Après de fortes chutes de neige, un redoux ou du vent, choisis plus bas, plus court, ou renonce. Un footing au bord du lac n’a rien d’une défaite : c’est souvent la meilleure sortie du jour.

À lire aussi

Un mot t’échappe ? Le lexique de la course à pied et du trail les explique.

Sources et repères

Notes

  1. International Skyrunning Federation — Sport Rules, 2025 — règles de compétition, pas une norme de sécurité pour l’entraînement. ↩

  2. McKiernan — A simple gait-stabilizing device reduces outdoor falls and nonserious injurious falls in fall-prone older people during the winter, 2005 — essai randomisé chez des marcheurs âgés aux États-Unis ; non transposable tel quel aux coureurs. ↩

  3. Assurance Maladie — Les gelures, des lésions à traiter rapidement — repères grand public, qui ne remplacent pas un avis médical. ↩

  4. Météo-France — Guide avalanche 2025 — présentation officielle du BERA et de la vigilance ; le bulletin du jour se consulte sur le site de Météo-France. ↩