Les Chamois du Lac

Club de trail running de la rive ouest du Lac d’Annecy

Les séances en côte : courtes, longues, en descente

Niveau : Tous niveaux

Une côte, c’est une salle de musculation qui ne ferme jamais et dont l’abonnement est gratuit. Autour du lac, des pentes du Taillefer aux montées vers le Semnoz, on n’a jamais à la chercher bien loin. Encore faut-il savoir ce qu’on vient y travailler : quelques secondes très vives, plusieurs minutes au seuil ou une longue montée régulière ne produisent pas le même effet. Et la descente qui suit compte aussi.

Ce que la pente change

En montée, la fréquence des pas augmente, la phase aérienne raccourcit et les muscles fournissent davantage de travail, surtout autour de la hanche ; le coût énergétique croît avec la pente.1 Tu atteins donc une intensité élevée à vitesse réduite, avec un geste plus « poussé ».

Les effets mesurés restent modestes. Chez vingt coureurs bien entraînés, six semaines de fractionné en côte, selon cinq programmes d’intensités différentes, ont amélioré le temps sur 5 km d’environ 2 % en moyenne ; l’économie de course a surtout progressé avec le programme le plus intense.2 Tous les groupes travaillaient en côte : l’étude ne dit pas si la côte fait mieux que le plat.

Les côtes courtes : force et puissance

Deux formats, à ne pas mélanger dans la même séance :

  • De 8 à 12 secondes, presque à fond, sur une pente marquée. Cherche une poussée complète, un genou qui avance et des bras actifs. Récupère complètement en redescendant en marchant, souvent deux minutes ou plus. Exemple : 6 à 8 répétitions en fin de footing facile.
  • De 20 à 45 secondes, à un effort de zone 5 : respiration très forte, sans sprinter. Exemple : 10 × 30 secondes, retour en trottinant dans la descente.

L’allure n’a ici aucun sens : la consigne porte sur l’effort et la qualité du geste. Si la foulée se désorganise, la série est finie, même s’il restait deux répétitions sur le papier.

Les côtes longues : aérobie et seuil

De 2 à 5 minutes, sur une pente douce à modérée, à un effort de zone 4 : quelques mots possibles, pas une phrase. Deux exemples :

  • 5 × 3 minutes, récupération en redescendant au trot, à peu près le temps de la montée ;
  • 3 × 6 minutes sur une longue montée régulière, en zone 3 à 4, retour en marchant ou en trottinant.

Choisis une intensité qui te permet de finir la dernière montée à la même vitesse que la première. Si la pente devient trop raide pour courir proprement, la marche active est une option, pas un échec.

Les côtes en continu

En trail, la capacité à monter longtemps compte autant que la vitesse. Imaginons une montée régulière de 30 à 40 minutes : tu la grimpes en zone 2 à 3, en alternant course et marche selon la pente, sous le contrôle du test de la parole. Variante plus accessible : un footing vallonné où chaque bosse se monte un peu plus soutenue, sans chronomètre.

Ces sorties sont exigeantes même à faible intensité : compte-les dans la charge de ta semaine. La descente du retour fait aussi partie de la séance.

Choisir sa pente et placer la séance

FormatDuréePente indicativeEffortRécupération
Très courtes8 à 12 s8 à 12 %presque maximalcomplète, en marchant
Courtes20 à 45 s5 à 8 %zone 5descente au trot
Longues2 à 5 min4 à 7 %zone 4descente au trot
En continu20 min et plusvariablezones 2 à 3aucune

Ces pentes sont des ordres de grandeur pédagogiques, pas des valeurs démontrées. Le vrai critère est pratique : une foulée qui reste propre, un sol stable, pas de circulation et une descente sans danger pour récupérer. En hiver, oublie le bitume glissant et les sentiers gelés.

Une séance de côtes compte comme une séance intense : elle remplace un fractionné, elle ne s’y ajoute pas. Et la semaine d’une course importante n’est pas le moment d’en découvrir une nouvelle.

La descente, un travail à part entière

En descente, les muscles freinent en s’allongeant : c’est le travail excentrique. Il provoque des dommages musculaires, avec perte de force et courbatures, d’autant plus marqués que la pente, la vitesse et la durée augmentent. Les coureurs les moins habitués en souffrent le plus, et s’exposer progressivement à la descente apparaît comme la meilleure préparation ; l’intérêt de la compression ou de chaussures particulières reste à confirmer.3

Cette protection s’efface avec le temps. Dans une étude ancienne sur tapis très incliné, une première descente de 30 minutes réduisait les courbatures d’une seconde séance faite trois ou six semaines plus tard, mais plus après neuf semaines.4 Après un hiver sans dénivelé, même passé avec le Semnoz sous les yeux, repars presque de zéro.

Une progression possible :

  1. En fin de footing facile, 3 à 4 descentes de 30 à 60 secondes sur une pente douce, vitesse contrôlée, retour en marchant.
  2. Tous les sept à quinze jours, ajoute une répétition ou un peu de pente, jamais les deux à la fois.
  3. Plus tard, glisse des descentes plus longues ou plus techniques dans une sortie longue, à une vitesse que tu contrôles même avec des jambes fatiguées.

Des courbatures modérées sont attendues un à deux jours après une descente inhabituelle. Une douleur localisée, qui augmente, s’accompagne d’un gonflement ou modifie ta démarche demande d’alléger et de consulter un médecin ou un kinésithérapeute.

Le bon bilan

Une séance de côtes réussie se termine avec des répétitions régulières, un geste encore propre et des jambes capables d’assurer la séance suivante. Des mollets qui protestent trois jours plus tard sont un message, pas une médaille.

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Un mot t’échappe ? Le lexique de la course à pied et du trail les explique.

Sources et repères

Notes

  1. Vernillo et al. — Biomechanics and Physiology of Uphill and Downhill Running, 2017 — revue de la littérature ; elle décrit des mécanismes, pas des séances. ↩

  2. Barnes et al. — Effects of different uphill interval-training programs on running economy and performance, 2013 — vingt coureurs bien entraînés, sans groupe sur le plat ; un petit effectif. ↩

  3. Bontemps et al. — Downhill Running: What Are The Effects and How Can We Adapt? A Narrative Review, 2020 — revue narrative ; les protocoles et les populations étudiés sont hétérogènes. ↩

  4. Byrnes et al. — Delayed onset muscle soreness following repeated bouts of downhill running, 1985 — protocole de laboratoire sur tapis très incliné ; les durées de protection sont des ordres de grandeur. ↩